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L'ÂME DAMNEE DE BUSH

 
 
LE NOUVEAU VISAGE DE L'AMERIQUE 
 
George W. Bush l'a ainsi décidé : Condeleezza Rice quittera d'ici peu le poste de conseillère spéciale du président pour la sécurité nationale afin d'occuper le maroquin du département d'Etat, sorte de super-ministère américain des Affaires étrangères. Cette conservatrice froide et énergique mènera-t-elle une politique étrangère sans beaucoup d'états d'âme ? On ne peut évidemment se contenter de clichés répandus à travers le globe - et singulièrement en Europe - sur celle que George W. Bush surnomme affectueusement Arroz («riz», en espagnol), pour présumer de l'attitude future des USA vis-à-vis du reste du monde. Pourtant, si d'aucuns ont pu s'émouvoir de certaines déclarations de Karel de Gucht au Congo, que dire par exemple des positions tranchées de Condeleezza Rice à l'égard de la France ? Son «Pardonner à la Russie, ignorer l'Allemagne et punir la France», prononcé au printemps 2003, reste en travers de la gorge de pas mal de pointures politiques françaises, à commencer par Michel Barnier, actuel ministre des Affaires étrangères. 
 
 
On dit d'elle qu'elle est une dure à cuire. Son passé l'a endurcie. Née dans la moyenne bourgeoisie noire du Sud, fille d'un prêcheur d'Alabama, elle connaît toute petite les brimades de la ségrégation raciale. Pis, en 1963, à quelques mètres de chez elle, Condoleezza Rice perd l'une des ses plus proches amies dans un attentat à la bombe, au sein d'une église baptiste de Birmingham. Derrière ce geste, on retrouve la patte du Klu Klux Klan. 
 
 
«Con dolcezza» - «avec douceur», en italien - s'est découvert très tôt une passion pour la musique, particulièrement pour le piano. Comme chez nous Willy Claes, elle tente de garder la main et de jouer chaque fois qu'elle le peut. On la retrouve ainsi régulièrement ça et là, en toute discrétion, jouant le week-end dans un quatuor à cordes. Elle a également pratiqué le patinage artistique en compétition. Sans oublier sa grande passion pour le football américain : en plus d'être une fan assidue des Cleveland Browns, elle a un moment envisagé de briguer la présidence de la ligue de football américain. 
 
 
En avance sur son âge, elle s'est inscrite dès l'âge de 15 ans à l'université de Denver, où elle étudie la littérature britannique et la politique américaine. Elle commence à s'intéresser à l'Europe orientale et à l'ex-URSS durant un cours de politique internationale dispensé par Josef Korbel, père de Madeleine Albright. Elle apprend la langue russe au point de la parler couramment. Diplômée à l'âge de 19 ans, elle enchaîne à une cadence d'enfer maîtrise et doctorat pour, dès 26 ans, professer à la prestigieuse université californienne de Standford. Là-bas, elle en impose au point d'accéder au rang de doyenne ! 
 
 
Sous la présidence de George Bush père, elle est active au bureau des affaires soviétiques et de l'Europe de l'Est. Elle le conseille d'ailleurs personnellement à l'heure de la chute du mur de Berlin. Progressivement, Condoleezza Rice se rapproche du clan Bush et, singulièrement, de George W. Bush, dont elle partage la passion du golf et du tennis. Invitée plus souvent qu'à son tour à Camp David, elle est d'ailleurs devenue, au fil du temps, une véritable amie de la famille. Question pétrole, elle s'y connaît aussi pour avoir été membre du conseil d'administration de Chevron. Un super-tanker porte d'ailleurs son nom… 
 
 
Entre Condoleezza Rice et George W. Bush, la confiance est totale. Sous l'angle professionnel, elle a gagné sa confiance à l'époque où ce dernier était gouverneur du Texas. Et, à l'image d'un Henry Kissinger, elle passe aujourd'hui du poste de conseillère pour la sécurité nationale à celui de secrétaire d'Etat. «Elle est le visage que l'Amérique présente désormais au monde, expliquait George W. Bush la semaine dernière. Et, à travers elle, le monde verra la force, le charme et l'honnêteté de ce pays.» Le travail et les défis ne manquent pas, à commencer par le dossier irakien et les élections de janvier prochain, les relations avec l'Iran, le Proche-Orient post-Arafat et les relations avec l'Union européenne. Elle passe ainsi des coulisses à l'avant-scène, et devra prouver qu'elle est capable de faire le poids face à des figures rouées aux affaires telles que Dick Cheney et Donald Rumsfeld. Ses relations privilégiées avec le clan Bush seront sans conteste son meilleur atout. 
 
 
S'arrêtera-t-elle en si bon chemin ? A court terme, elle aurait d'autres calculs personnels que de servir son patron et néanmoins ami. En nommant Alberto Gonzales à la Justice et Condoleezza Rice au département d'Etat, George W. Bush s'est avéré fin calculateur. Associer de la sorte minorités noires et hispaniques au pouvoir, c'est jouer la carte du rassemblement. Au-delà de ces nominations, si Condoleezza Rice devait faire un parcours sans fautes au département d'Etat, d'aucuns pressentent d'ores et déjà qu'elle ferait un excellent candidat pour les élections présidentielles de 2008. Et si elle devait être opposée à Hillary Clinton, les Etats-Unis auraient pour la toute première fois de leur histoire une femme à la présidence. 
 
JEAN-MARC DAMRY  
 
Sources : Lien vers http://www.trends.be/CMArticles/ShowArticleFR.asp?articleID=36130§ionID=333> 
 
 
 
Condoleezza Rice, Bush en coeur 
 
 
Ils ne font pas un pas l'un sans l'autre, travaillent étroitement, et se détendent, ensemble. «Condi», la Noire surdouée et George l'héritier, amis de six ans, ont scellé définitivement leur entente le 11 septembre 2001. Portrait d'un duo étonnant. 
 
prochaine secrétaire d'Etat, Condoleezza Rice, 50 ans, est célibataire. On ne lui connaît personne. Elle n'a jamais prononcé de sa vie les mots «mon mari», sauf une fois, par erreur, lors d'un dîner à Washington, en avril. Elle aurait laissé échapper cet abracadabrant lapsus : «Comme je le disais à mon mar... ["...my husb..."] euh, au président Bush...» Par quelle voie tortueuse ces deux mots ont-ils pu cheminer jusqu'à ses lèvres ? 
 
Le célibat de «Dr. Rice» alimente toutes sortes de rumeurs : tantôt on chuchote qu'elle est lesbienne (The Washington Post a lourdement souligné qu'elle avait fêté ses 50 ans dans un restaurant avec une «unidentified female friend»), tantôt on murmure que sa vieille amitié pour l'ex-star de football Gene Washington, 58 ans, cache «quelque chose d'autre»... Mais il ne vient à personne, à Washington, l'idée d'imaginer une relation sentimentale avec le Président. Car George et Condi, c'est l'inverse d'une histoire d'amour. C'est une fusion mentale, définitivement scellée par le 11 septembre. Un mariage de travail, ce phénomène fascinant que l'on croise souvent dans les entreprises. Ou encore l'emboîtement impeccable de deux destins (certains disent «deux névroses») complémentaires. 
 
Lui, le fils de riche, a mollement commencé sa carrière pour finir par suivre, et recouvrir, les traces paternelles. Elle, la Noire née dans l'Alabama ségrégationniste, a été programmée par ses parents pour battre les Blancs avec leurs armes, ce qu'elle fait méthodiquement, sans relâche, avançant comme le lapin des piles Duracell. Lui est un ex-alcoolique, ex-médiocre, qui a fini par trouver sa voie par accident. Elle est une ex-enfant prodige, disciplinée, concentrée, qui suit la sienne sans laisser de place au hasard. Leur relation est un noeud serré : Rice est la tutrice de Bush, et c'est aussi sa disciple. Ils travaillent étroitement chaque jour, mais ils aiment aussi se détendre ensemble. Il n'est pas rare que Rice passe du temps avec les Bush à Crawford ou à la résidence présidentielle de Camp David. Laura dort avec son mari, mais Condi, elle, regarde avec lui des matchs de foot à la télé. 
 
Elle est restée fidèle 
 
Ce ne sont pas des amis de trente ans. Ils se sont vraiment liés il y a six ans. Elle dirige alors l'université de Stanford, et émarge dans quelques conseils d'administration, dont celui du pétrolier Chevron. Mais elle continue à rendre visite au père de Bush, qu'elle a conseillé sur les questions soviétiques pendant ses quatre années à la Maison Blanche. Alors gouverneur du Texas, Bush fils la porte haut dans son estime. «Les républicains en voulaient tous au père d'avoir échoué en 1992. Beaucoup de gens se sont détournés de la famille. Condi, elle, lui est restée fidèle. Et la loyauté est une qualité très chère chez les Bush», analyse Michael McFaul, qui était son plus proche collègue à Stanford. 
 
En août 1998, George W. Bush et Condi Rice passent quelques jours dans la demeure paternelle de Kennebunkport, dans le Maine. Le gouverneur du Texas s'apprête à se lancer dans la course présidentielle, et commence à constituer une équipe. Il emmène Rice pêcher, faire de du vélo. Ils discutent football et base-ball. Elle adore parler de sport, et lui aussi. Une véritable complicité s'instaure, et Bush décide de faire d'elle son principal conseiller diplomatique. 
 
Bush, alors largement ignorant des affaires du monde (il parle même un jour des «Gréciens», pour désigner les Grecs), s'en remet complètement à elle pour le guider pas à pas dans les arcanes de la politique étrangère. Ses convictions lui conviennent. Elle est une protégée de Brent Scrowcroft, ex-conseiller à la sécurité nationale de son père et ancien bras droit d'Henri Kissinger. Elle ne fait pas partie des «néo-conservateurs», qui ne jurent que par la toute-puissance des Etats-Unis et la nécessité morale d'imposer la démocratie dans le monde. Elle vient de l'école des «réalistes», qui croient en l'équilibre des pouvoirs et aux vertus des alliances. 
 
Sa vision du monde changera du tout au tout après le 11 septembre. «Tout le monde estime que Condi a influencé Bush mais, en réalité, c'est l'inverse qui s'est produit», juge Michael McFaul, surpris par la métamorphose de son ex-collègue. L'universitaire explique cette conversion par le choc du 11 septembre, et la responsabilité immense qui s'abat alors sur la Maison Blanche. «La grille de lecture idéologique du "réalisme" n'allait pas très loin pour expliquer ce qui nous arrivait. Comme elle était peu développée chez le Président, il n'a pas eu trop de mal à l'abandonner. Et Condi l'a imité.» Elle sera ainsi la première à défendre la guerre contre l'Irak, engagée sans feu vert de l'ONU. 
 
«Mes parents étaient très stratégiques» 
 
Le 16 novembre dernier, lorsque George W. Bush la nomme secrétaire d'Etat, il déborde d'orgueil et d'affection. «Je sais que le révérend et madame Rice seraient remplis de fierté de voir la fille qu'ils ont élevée à Birmingham, en Alabama, être choisie pour occuper la fonction occupée pour la première fois par Thomas Jefferson. Quelque chose me dit qu'ils ne seraient pas surpris.» Impossible de parler de Condi Rice sans évoquer ses parents. Fille unique, elle est née huit ans après George Bush, à Birmingham qui était alors, selon les mots de Martin Luther King, «la pire ville des Etats-Unis en termes de relations raciales». Son père est conseiller d'orientation pédagogique et prêcheur dans l'église presbytérienne, sa mère enseigne la musique : ce sont des Noirs fiers d'avoir fait des études et rejoint la bourgeoisie. 
 
A l'époque, Birmingham est secoué par la violence raciale. En 1963, un attentat contre une église baptiste tue quatre enfants, dont une camarade d'école de Condi. Lorsque la loi sur les droits civiques est votée en 1964 par les démocrates, la famille fête l'événement dans un restaurant chic qui leur avait jusque-là refusé l'entrée. John, le père, est républicain parce qu'en 1952 les démocrates racistes d'Alabama avaient refusé de l'inscrire sur les listes électorales. Il ne croit pas aux vertus de la révolte. Lui et sa femme, Angelina, ne jurent que par l'éducation. Condi prend des cours de piano (dès 3 ans), de français, de savoir-vivre, de patin à glace. «Mes parents étaient très stratégiques, a-t-elle résumé un jour. J'allais être si bien préparée, et j'allais accomplir si bien toutes ces choses qui étaient révérées dans la société blanche que je serais armée contre le racisme, capable d'affronter la société blanche sur son propre terrain.» Elle saute deux classes (le CP et la 5e), entre à l'université à 15 ans, devient professeur de Stanford à 26, conseillère du premier président Bush à 35... Toujours souriante, courtoise, tirée à quatre épingles, pomponnée. Sans autre vice que le sport et le shopping. Blindée et charmante. 
 
Ne pas terminer «dans un piano-bar» 
 
Ses parents la destinaient d'abord à la musique. Son beau prénom, Condoleezza, est un écho à l'annotation musicale «con dolcezza», avec douceur. Mais, à l'université, Rice prend conscience qu'être «très bonne» au piano ne suffirait pas à la mener sur la scène d'une salle de concert. Calculant ses risques de devoir terminer «dans un piano-bar», elle décide froidement de changer de cap. Un de ses professeurs à l'université de Denver l'aide à trouver sa voie : il s'agit de Jozef Korbel, diplomate ayant fui la Tchécoslovaquie ­ qui n'est autre que le père de la future secrétaire d'Etat Madeleine Albright. Rice adore son cours, l'adore lui, et décide que, désormais, elle consacrerait sa vie à l'étude du labyrinthe soviétique. 
 
Etudiante, elle flirte avec le Parti démocrate. En 1976, elle vote Jimmy Carter. Mais, quatre ans plus tard, sa voix va à Reagan. Parce que Carter n'a pas été, à ses yeux, assez ferme avec l'Union soviétique qui vient d'envahir l'Afghanistan. Mais aussi, comme elle l'expliquera un jour, parce que le Parti républicain «me regarde comme un individu, pas comme une partie d'un groupe» (sous-entendu : les Noirs). 
 
Lors de son ascension universitaire, Condi Rice, a à plusieurs reprises, profité des coups de pouce de l'«affirmative action», la politique visant à rééquilibrer les chances de réussite des Noirs ou des femmes. Mais ce sujet-là est, chez elle, tabou. Dans les années 1990, alors qu'elle dirige l'université de Stanford, elle ne fait d'ailleurs rien pour favoriser les embauches  
des Noirs. Cela lui vaut de nombreuses critiques. Et, lorsque Bush décide de dénoncer le système de discrimination positive de l'université du Michigan, en janvier 2003, le Washington Post y croit déceler la patte de sa conseillère. 
 
Comme conseillère à la sécurité nationale, Condoleezza Rice laisse un bilan mitigé. Pas celui d'une dame de fer. De Teflon plutôt. Les idées semblent glisser ou rebondir sur elle, sans qu'elle ne semble jamais les porter. «Rice a été une sorte de mystère, en matière de politique étrangère, présentant plus les vues des autres que les siennes», écrit USA Today au lendemain de l'annonce de sa nomination au poste de secrétaire d'Etat. «La prochaine secrétaire d'Etat reste un puzzle idéologique», renchérit Time.  
 
«Passionnée sans être sentimentale» 
 
A la différence de la plupart de ses prédécesseurs, elle n'a jamais donné elle-même le «la» de la politique étrangère. Elle s'est bornée à aider le Président à comprendre les approches modérées de Colin Powell et radicales de Dick Cheney, avant de le laisser trancher. Elle s'est adaptée aux instincts de Bush, leur donnant une cohérence. Lorsque ce dernier a déclaré avoir «vu l'âme» de Vladimir Poutine, elle a aussitôt oublié toutes ses préventions contre le président russe. De même, lorsqu'il a décidé de donner suite à l'idée jordanienne d'une «feuille de route» pour le Proche-Orient, qu'elle critiquait, elle a aussitôt cherché avec zèle à lui donner une formulation. Elle s'est toujours gardée des projecteurs, sauf pendant la préparation de la guerre en Irak, où on la voyait régulièrement à la télé. Dans le contexte d'alors, la Maison Blanche avait préféré présenter son visage, plutôt que celui de Dick Cheney, ex-patron d'Halliburton.  
 
Elle ne déteste pourtant pas se donner un petit côté «people», posant pour Vogue, ou accompagnant au piano le violoncelliste Yo-Yo Ma au Constitution Hall, devant 2 000 personnes. Ensemble, ils ont joué la Sonate en ré mineur de Brahms, son musicien préféré. Et, lorsqu'elle décrit la musique de Brahms, on croirait qu'elle parle de sa propre vie : «retenue», «structurée», «passionnée sans être sentimentale» avec un «sens de la tension qui ne trouve jamais sa résolution». 
 
Sources : Lien vers http://www.liberation.fr/page.php?Article=268533> 
 
 
Le monde selon Condi Rice 
 
par Jocelyn COULON 
 
17 novembre 2004 
 
Condoleezza Rice vient de recevoir un beau cadeau au lendemain de son cinquantième anniversaire de naissance. Cette intellectuelle noire, issue des classes moyennes de Birmingham, en Alabama, spécialiste de la Russie, réalise sa suprême ambition : diriger la diplomatie américaine. Sa nomination va-t-elle pour autant changer la politique étrangère des États-Unis ? Rien n’est moins certain. 
 
Celle que tous dans le monde de la diplomatie, à Washington comme sur toute la planète, appellent Condi a profondément changé depuis une quinzaine d’années. En 1989-1990, lorsqu’elle travaillait pour Bush père à titre de conseillère sur les affaires soviétiques au Conseil national de sécurité, Rice défendait des positions géopolitiques très classiques. L’époque avait beau être exceptionnelle- l’empire soviétique s’était effondré, la communauté internationale venait de redonner à l’ONU un rôle vital dans la première guerre du Golfe- Rice n’était guère impressionnée. Cette universitaire a été formée à l’école réaliste à la Kissinger où la défense des intérêts américains prime toute autre considération. Certes, l’Union soviétique était morte, mais les grandes puissances, et la nouvelle Russie en était toujours une, restaient une réalité du système international et la politique étrangère se bâtissait autour d’elles. Il n’y avait pas de place ici pour les sentiments, encore moins pour les projets de réformes du monde. 
 
Le choc du 11 septembre 
 
Pendant la présidence démocrate, Condoleezza Rice ne modifie pas sa lecture des grandes évolutions internationales. Au contraire, elle en rajoute. Recrutée en 1999 par George W. Bush pour étoffer son équipe de conseillers en politique étrangère, Rice revient à la charge et démolit les positions plutôt idéalistes de Bill Clinton. Elle s’oppose à la Cour pénale internationale et ridiculise les engagements américains en faveur du maintien de la paix en Bosnie. " On n’a pas besoin d’envoyer la 87e aéroportée pour accompagner des enfants à l’école ", lancera-t-elle avec mépris. 
 
Elle se moque ouvertement des efforts de l’administration démocrate pour détendre les liens avec la Russie et préconise de relancer la politique de " quarantaine et d’endiguement " des années de guerre froide envers le pouvoir en place à Moscou. Selon elle, la Russie demeure la seule puissance en position de remettre en cause le leadership américain qui s’affirme alors. Nommée conseillère à la sécurité nationale en janvier 2001 après la victoire de Bush, elle va défendre ses idées jusqu’à la veille du 11 septembre alors qu’elle prépare un briefing pour le président sur les grands enjeux géopolitiques, en oubliant totalement la question du terrorisme. 
 
Les attentats contre New York et Washington bouleversent la vision du monde des membres de l’administration. Déjà, ceux qu’on appelle les moralistes, le président en tête, désirent depuis leur arrivée au pouvoir en découdre avec le " Mal ". Ils sont freinés par Colin Powell en particulier. Cette fois, le prétexte est tout trouvé pour passer aux actes. En ce jour fatidique, Rice avouera avoir été convertie aux vertus du moralisme en politique étrangère et à la vision de son patron qui consistera à profiter du drame pour transformer le monde. Elle est devenue la plus fidèle croyante de la secte Bush. 
 
Punir la France, pardonner à la Russie 
 
Rice va s’atteler à la tâche et donnera corps à la nouvelle doctrine présidentielle. Celle-ci s’articule autour de trois postulats. Premièrement, puisque le monde est dangereux et que le territoire américain n’est plus invulnérable, les États-Unis doivent être prêts à frapper, d’où la nécessité d’adopter une politique de guerres préventives. Deuxièmement, la meilleure façon de rendre le monde plus sûr est d’y semer la " liberté et la démocratie " et de combattre la prolifération des armes de destruction massive, à coups de bombes si nécessaire. Troisièmement, les règles internationales établies depuis un demi-siècle sont un obstacle à la défense des intérêts américains et à la mise en oeuvre du grand projet de remodelage démocratique. Il est donc impératif pour les États-Unis de s’en détacher. Et si, d’aventure, ceux dans le camp des démocraties qui oseraient s’opposer aux certitudes américaines seront traités en ennemis. En mars 2003, au plus fort de l’affrontement diplomatique sur l’Irak entre le camp de la guerre et celui de la paix, Rice résume sans sourciller la réaction des États-Unis envers ses opposants en une formule aussi lapidaire que désinvolte : Washington allait " punir la France, ignorer l’Allemagne et pardonner à la Russie ". 
 
Condoleezza Rice n’a pas l’intention de changer d’un iota la direction de la politique étrangère américaine au cours des quatre prochaines années. Son association avec George W. Bush lui interdit même d’y penser. Pour ce nouveau " couple présidentiel ", la poursuite de la guerre au terrorisme et la promotion de la démocratie nécessitent des convictions morales inébranlables et une vision en noir et blanc de l’avenir de la planète où le gris n’a pas sa place. 
 
Mais, au fait, à un moment où le pouvoir à Moscou est de plus en plus autoritaire, à un moment où, jour après jour, les démocraties quittent une à une la coalition installée en Irak et laissent les États-Unis seuls avec des régimes autoritaires, sinon des dictatures, était-il bien sage de la part de l’" expérimentée " Condoleezza Rice de vouloir " punir les démocraties et pardonner aux dictatures " ? Les prochains mois diront si Mme Rice était le choix le plus avisé, non pour le président, mais pour les intérêts des États-Unis. 
 
Jocelyn Coulon est chercheur invité au GERSI et au CÉRIUM 
 
Sources : Lien vers http://www.cerium.ca/article293.html> 
 
 
 
Condi Rice la fidèle, qui succède à Colin Powell, cache des secrets sous son armure de Vulcain 
 
George Bush envoie au Département d'Etat sa conseillère la plus loyale. Elle sera la première femme noire à diriger la politique étrangère américaine. Soviétologue, patineuse et pianiste, elle doit contribuer à accroître l'emprise de la Maison-Blanche sur les postes clés du cabinet. Tous alignés derrière le chef?  
 
 
Alain Campiotti, New York 
Mercredi 17 novembre 2004  
 
Le nom de Vulcain ne lui va pas comme un gant. Condoleezza Rice a l'air si frêle. On l'imagine mieux sur la glace – elle a pratiqué le patin artistique de compétition. Ou alors au piano – elle est virtuose. Mais cette célibataire a aussi rêvé un temps de devenir la patronne de la Ligue nationale de football (américain). C'est son côté dur, qu'on lit aussi sur son visage, sourire parfois figé sous la permanente impeccable. C'est le côté Vulcain de la directrice du Conseil national de sécurité dont George Bush a fait mardi la première secrétaire d'Etat noire des Etats-Unis, pour succéder à Colin Powell. Plus de deux siècles après Thomas Jefferson, premier occupant du poste, auteur de la Déclaration d'indépendance («tous les hommes sont créés égaux»), qui n'arrivait pourtant pas – vraiment pas puisqu'il a une descendance noire – à se séparer de ses esclaves...  
 
Vulcain est donc aussi son nom. A Birmingham où elle est née en 1954, dans l'Alabama encore ségrégationniste, la ville avait dressé une grande statue du dieu du feu, en hommage aux aciéries qui la faisaient alors vivre. Il y a cinq ans, quand George Bush puisait dans le vivier de son père une équipe de conseillers pour formuler sa politique extérieure, ils s'étaient emparés du nom de la statue de Condi – les Vulcains – et les républicains l'avaient popularisé pour montrer leur détermination. Avec la nouvelle ministre, il y avait Powell, Donald Rumsfeld, Dick Cheney, Paul Wolfowitz, Richard Armitage, le bras droit de Colin Powell qui vient aussi de donner sa démission.  
 
Ce que ne disait pas alors le parti républicain, c'est que la statue de Birmingham avait été démontée en 1999 pour restauration. Mauvais présage? Au pouvoir, et dans la guerre, l'équipe qui devait guider le président novice s'est déchirée. Les deux pragmatiques du Département d'Etat ont tenté de résister aux faucons du Pentagone et de la Maison-Blanche. Leur départ au bout de quatre ans est la sanction de leur échec.  
 
Mais où était Rice? Chacun le sait: tout près du bureau ovale. Et cela a un sens précis: la directrice du CNS, quatre ans durant, a été la loyauté faite femme, et c'est pour cela que George Bush l'a choisie comme secrétaire d'Etat. Le président en fait d'ailleurs un système. Au moment où va s'ouvrir son second mandat, il déplace ses fidèles de la Maison-Blanche vers les grands ministères. Son conseiller juridique, Alberto Gonzales, va à la Justice. Sa conseillère pour les affaires intérieures, Margaret Spellings, devrait reprendre l'Education. Et Tom Ridge, le secrétaire à la Sécurité intérieure, pourrait être remplacé par Fances Townsend, qui occupe les mêmes fonctions à la Maison-Blanche. Des démocrates parlent déjà d'une ossification du pouvoir, dans lequel on n'entendra plus qu'une seule voix, celle du chef.  
 
Car quelle est la politique de Condoleezza Rice, sinon celle de George Bush – donc celle, le plus souvent, des faucons? Il lui est arrivé de faire cause commune avec Powell, mais c'était sur des sujets où le président comprenait qu'il ne pouvait plus suivre les conseils des plus durs: l'Iran, la Corée du Nord. Et elle vient de lui remettre un mémo prônant une ouverture à l'Europe, un réengagement au Proche-Orient après la mort de Yasser Arafat: ça coule de source.  
 
Souvent, elle a servi aussi de paratonnerre. Par exemple en allant témoigner publiquement devant la Commission du 11 septembre, pour arranger un peu les contradictions de Bush. Ou alors en demandant à son adjoint, Stephen Hadley (qui lui succède à la tête du CNS), de porter le chapeau de l'énorme bourde du discours sur l'état de l'Union l'an passé: le président avait fait allusion à des achats d'uranium nigérien par l'Irak, alors que tout le monde savait que c'était bidon.  
 
L'hostilité du Département d'Etat à la politique agressive voulue par Dick Cheney et Donald Rumsfeld était sans doute autant celle des diplomates que celle de Colin Powell lui-même. Condi Rice a rendu hommage hier à leur professionnalisme. Si elle vient pour une purge (comme celle qui est en cours à la CIA), la partie sera rude. Mais George Bush pressent sans doute qu'il a besoin d'infléchissements, sinon dans les faits, en tout cas dans les mots. Or Rice n'a pas la même histoire que Cheney et Rumsfeld, avec qui elle a aussi eu des affrontements: quand le président a prétendu confier à sa conseillère le soin de coordonner l'action en Irak, le chef du Pentagone (qui partira sans doute dans quelques mois) a agi comme s'il n'avait rien entendu.  
 
Le premier mentor de la nouvelle ministre, sous Bush père, fut Brent Scowcroft, un critique têtu de la guerre du fils contre l'Irak. Et Rice est une soviétologue de formation: il ne pouvait pas être question, alors, de bombarder Moscou ou d'y envoyer les chars.  
 
Au Proche-Orient, les Israéliens se disent convaincus qu'ils ont hérité au Département d'Etat de la meilleure amie. Rice a été l'interlocuteur constant, sur le plan d'évacuation de Gaza et sur le «mur», de Dov Weisglass, le bras droit d'Ariel Sharon. Weisglass est aussi l'homme qui a affirmé dans une récente interview qu'Israël ne voudrait jamais d'un Etat palestinien. La Maison-Blanche n'avait pas bronché. Mais Jérusalem, passé les élections, ne peut pas parier à coup sûr sur le laisser-faire américain. Après sa première entrevue avec Condi Rice, Sharon avait «confessé qu'il avait eu de la peine à se concentrer: elle a de très jolies jambes». On dit que l'ancienne patineuse, femme de tête, n'a pas apprécié cette muflerie.  
 
De Birmingham à Tariq Ramadan  
 
Alain Campiotti  
 
1954. Naissance à Birmingham, Alabama. Ses parents lui ont appris qu'elle devait être «deux fois meilleure» que les Blancs.  
 
1981. Docteur en relations internationales de l'Université de Denver. Elle commence un enseignement à Stanford, la grande université de Californie. L'URSS – elle parle le russe – et les pays de l'Est sont sa spécialité.  
 
1989. Directrice des Affaires soviétiques au Conseil national de sécurité, et conseillère de George Bush père.  
 
1993. Doyenne à Stanford pendant six ans. Elle gère un budget de 1,5 milliard de dollars, 1400 professeurs, 14 000 étudiants.  
 
2001. Directrice à la Maison-Blanche du Conseil national de sécurité. Condoleezza Rice a fait partie d'un grand nombre de conseils d'administration, dont Chevron, qui a donné son nom à un pétrolier. Elle est docteur honoris causa de plusieurs universités, dont Notre-Dame, près de Chicago. C'est là que Tariq Ramadan est attendu pour un enseignement, si on lui accorde finalement un visa. Et c'est la secrétaire d'Etat qui devra trancher.  
 
 
Sources : Lien vers http://www.letemps.ch/template/international.asp?page=4&contenuPage=&article=145382&quickbar=> 
 
 
 
L'arrivée de Rice annonce une diplomatie alignée sur la présidence 
 
WASHINGTON (AFP) - L'arrivée de Condoleezza Rice à la tête de la diplomatie américaine en remplacement de Colin Powell laisse prévoir une politique étrangère dure et sans états d'âme, mais aussi plus en phase avec la Maison Blanche, après un premier mandat Bush marqué par de profondes divisions. 
 
La presse et les analystes américains soulignaient mardi les nombreuses différences de style, de tempérament et d'itinéraire politique de la conseillère pour la sécurité nationale et du secrétaire d'Etat sortant. 
 
Universitaire, spécialiste de l'ex-URSS, 50 ans, amie personnelle du président, conservatrice à l'allure froide, Mme Rice tranche avec l'image de l'ex-général Powell, 67 ans, le contact facile du vieux soldat et adepte d'une diplomatie ménageant les alliances et la négociation. Mais Mme Rice a aussi évoqué mardi ses liens anciens avec le secrétaire d'Etat sortant, avec qui elle a notamment travaillé sous le président George Bush-père, le qualifiant de "grand ami et mentor". 
 
Pour Jon Wolfsthal, spécialiste de politique étrangère à l'institut Carnegie de Washington, "Powell était la seule voix plaidant la modération dans le gouvernement Bush. La nouvelle diplomatie américaine sera probablement plus tranchée, plus combative". La nomination de Mme Rice "laisse aussi supposer que l'administration sera davantage unie autour de valeurs conservatrices, sans concession. Il y aura plus de cohérence, mais au détriment des valeurs classiques de la politique étrangère américaine", souligne-t-il. 
 
De nombreux commentateurs et articles relevaient mardi que Mme Rice a, ces dernières années, souvent fait pencher la balance en faveur des "faucons" comme le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld ou le vice-président Dick Cheney, laissant M. Powell isolé, en particulier sur l'Irak. Le Washington Post estime dans un article d'analyse que ce changement à la tête de la diplomatie américaine "traduit le triomphe d'une conception tranchante de la diplomatie adoptée par le vice-président Cheney et le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld". 
 
Même s'il était fréquemment marginalisé, "la présence de M. Powell permettait au président d'écouter différents points de vue sur la manière de procéder sur des sujets importants de politique étrangère", écrit le journal. Avec une de ses confidentes au département d'Etat, M. Bush est désormais assuré ne de plus entendre la note discordante, et dérangeante, qui venait souvent de Colin Powell. Mme Rice risque toutefois aussi d'être une personnalité plus effacée sur l'échiquier politique américain que M. Powell, qui jouit d'un crédit politique considérable dans l'opinion, avec des côtes de popularité régulièrement supérieures à celles du président dans les sondages. 
 
"Tout comme elle était éclipsée en tant que patronne du conseil national de sécurité par des personnalités comme Cheney, Powell ou Rumsfeld, elle pourrait demeurer dans une situation d'infériorité au sein du nouveau cabinet dans son ensemble", estime Charles Kupchan, du Council on Foreign relations (CFR), un institut indépendant. Plusieurs tests cruciaux attendent Mme Rice une fois qu'elle prendra ses fonctions, et permettront de mieux la juger. 
 
Son premier dossier sera l'Irak, avec les élections prévues en janvier, et menacées par la violence. L'Iran devrait également être une priorité, la ligne à suivre envers ce pays faisant l'objet de vives divergences au sein de l'administration. Mme Rice sera également confrontée au dossier israélo-palestinien, qui entre dans une nouvelle phase après le décès de Yasser Arafat. Et devra chercher à décrisper les relations avec les Européens, tendues par la guerre en Irak et la politique jugée unilatéraliste du premier mandat de M. Bush. 
 
 
Sources : Lien vers http://www.lefigaro.fr/perm/afp/mon/041117075521.6k7es0du.html> 
 
Etats-Unis: Condoleezza Rice succède à Colin Powell 
 
Le président américain George W. Bush a annoncé mardi qu'il nommait Condoleezza Rice secrétaire d'Etat en remplacement de Colin Powell. George W. Bush a également annoncé la nomination de Stephen Hadley comme conseiller pour la sécurité nationale pour succéder à Condoleezza Rice. 
 
Colin Powell a annoncé lundi sa démission, après 4 ans à la tête de la diplomatie américaine marquées par le lancement controversé de la guerre en Irak. 
 
La nomination de Mme Rice, qui a fêté ses 50 ans le week-end dernier, a été dévoilée dès lundi soir par deux hauts responsables de l'administration Bush. Colin Powell restera à son poste jusqu'à ce que son successeur soit nommé et confirmé par le Sénat, ce qui peut prendre deux mois. Ce changement à la tête de la diplomatie intervient juste après la réélection de George W. Bush pour un second mandat, alors que Washington fait face à de nombreux dossiers brûlants, dont l'Irak et la nouvelle donne au Proche-Orient après la mort du leader palestinien Yasser Arafat. 
 
Depuis sa réélection, George W. Bush, 58 ans, a laissé partir six membres de son gouvernement. Le ministre de la sécurité nationale, Tom Ridge, est également donné partant mais n'a pas encore officiellement annoncé sa démission. Les départs les plus importants jusqu'ici sont ceux du ministre à la Justice John Ashcroft et du chef de la diplomatie américaine Colin Powell. Dans les deux cas, le président républicain a choisi des collaborateurs proches pour les remplacer. Les remplaçants des quatre autres ministres démissionnaires, Spencer Abraham à l'énergie, Ann Veneman à l'agriculture, Don Evans au Commerce et Rod Paige à l'éducation, n'ont pas encore été nommés et aucun nom n'est encore donné comme acquis. 
 
 
Pour remplacer John Ashcroft, 62 ans, George W. Bush a nommé l'ex-chef des services juridiques de la Maison Blanche, Alberto Gonzales, 49 ans. Alberto Gonzales et Condoleezza Rice se trouvent aux côtés du préésident depuis son arrivée à la Maison Blanche en janvier 2001 après avoir acquis sa confiance en collaborant avec lui alors qu'il était gouverneur du Texas (sud) avant son élection. La nomination d'Ashcroft répondait au souci de donner des gages à la droite conservatrice américaine et celle de Colin Powell à la vieille garde plutôt modérée du parti républicain. Avec Alberto Gonzales et Condoleezza Rice, George W. Bush choisit ses propres ministres sans se soucier de satisfaire tel ou tel courant du parti. Les deux nouveaux ministres appartiennent toutefois aux minorités ethniques américaines, hispanique et noire, confirmant la volonté du président d'apparaître comme un rassembleur. 
 
Les choix présidentiels doivent encore être entérinés par le Sénat où le parti républicain dispose d'une confortable majorité de 55 sièges pour 44 aux démocrates et un indépendant. Alberto Gonzales doit toutefois s'attendre à être interrogé pour les mémorandums qu'il avait rédigés en tant que chef des services juridiques de la Maison Blanche sur les tortures du prisonniers irakiens à Abou Ghraib et les détentions de Guantanamo. Condoleezza Rice sera aussi étroitement questionnée sur les affirmations de l'administration selon lesquelles l'ex-dictateur irakien Saddam Hussein avait doté son pays des armes de destruction massive (ADM), et dont aucune trace probante n'a été retrouvée. 
 
La volonté de George W. Bush de donner une nouvelle inflexion à son gouvernement lors de son second mandat apparaît également avec le maintien dans leurs fonctions d'autres ministres et du vice-président Richard Cheney. "Une preuve de l'absence étonnante du sens de responsabilité personnelle au sein de l'administration Bush est le fait que c'est M. Powell qui part alors que les architectes des politiques souvent désastreuses auxquelles il s'est opposé, de la gestion de l'Irak après la guerre aux prisonniers de Guantanamo Bay en passant par Abou Ghraib, restent", estimait le Washington Post dans un éditorial mardi. 
 
Lien vers http://www.lefigaro.fr/perm/afp/mon/041117082003.nhzh3sef.html> 
 
 
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Modifié en dernier lieu le 19.01.2005
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