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LA VERITE N'A QU'UNE FACE...

A tous ceux qui luttent pour leur liberté... à tous ceux qui meurent sans l'avoir trouvée... à tous les enfants d'Allah assassinés au Kosovo... en Tchétchénie... en Palestine... en Irak... en Afghanistan... à tous les musulmans que Bush a décidé d'éradiquer... je vous salue mes frères. 
 

 
 
« La Vérité ne se trouve pas dans les livres d'Histoire... ni dans les informations téléguidées par de hautes instances qui ne tiennent pas à ce que le Peuple sache ce qui se trame dans les coulisses du Pouvoir... mais la Vérité finit toujours par se Savoir parce qu'il y a des êtres qui ne se contentent pas de gober ou de croire les actualités ragoutantes servies au moment du repas. 
 
 
 
Ayant pris conscience du danger qui pèse actuellement sur notre monde pour des raisons bien précises, nous allons donc vous dévoiler la véritable nature de George W. Bush. Qui est-il vraiment ? Mérite-t-il la place qu'il occupe ? Les élections n'ont-elles pas été truquées ? Qui sont les gens qui l'entourent ? Pour répondre à cette dernière question, nous dirons que W. est manipulé par des individus sans scrupules qui oeuvraient déjà dans l'Ombre du temps de Reagan et de Bush père et qu'ils ont décidé de s'accaparer de toutes les richesses du Moyen-Orient pour commencer... et que, hélas, pour la planète, ils vont faire en sorte qu'il soit réélu et qu'il va certainement l'être. C'est écrit quelque part. Pour notre plus grand malheur. 
 
 
 
Nous tenons à signaler que ce site a été commencé avant l'élection de Bush et comme nous nous y attendions, il a été réélu. La machine est donc en marche pour le pire mais pas pour le meilleur. Si en France, le président de la République élu grâcie quelques prisonniers pour marquer le passage de son investiture, nous soulignons que le 2 novembre, un prisonnier a été exécuté dans l'Etat du Texas et un autre une semaine auparavant. Ce geste inhumain marque bien sous quels auspices démarre cette catastrophique présidence. Pas de quartier. Bush tient la Bible d'une main, parle avec Dieu, Jésus et ses apôtres toute la sainte journée mais il n'applique pas le pardon lui-même. La vie humaine n'est pas son problème ! Il reste ancré dans ces certitudes d'autocrate. Le Roi c'est moi. L'Amérique aussi. Et nous ne parlerons pas du reste du monde qui d'ici quelques temps va, sans tarder, subir quelques épouvantables soubresauts... 
 
 
 
 
« Après avoir pris ainsi tour à tour dans ses puissantes mains chaque individu, et l'avoir pétri à sa guise, le souverain étend ses bras sur la société tout entière; il en couvre la surface d'un réseau de petites règles compliquées, minutieuses et uniformes, à travers lesquelles les esprits les plus originaux et les âmes les plus vigoureuses ne sauraient faire jour pour dépasser la foule; il ne brise pas les volontés, mais il les amollit, les plie et les dirige; il force rarement d'agir, mais il s'oppose sans cesse à ce qu'on agisse; il ne détruit point, il empêche de naître; il ne tyrannise point, il gêne, il comprime, il énerve, il éteint, il hébète, et il réduit enfin chaque nation à n'être plus qu'un troupeau d'animaux timides et industrieux, dont le gouvernement est le berger.»  
 
Alexis de Tocqueville  
DE LA DÉMOCRATIE EN AMÉRIQUE (1840) 
 
 
 
LE SALAIRE DE LA PEUR 
 
par Jacques JULLIARD 
 
Comment décrire l’étrange état d’esprit d’un pays qui, à partir d’un fait affreusement réel mais fantasmé à l’infini – le 11 Septembre 2001 - tout à la fois gonfle ses muscles et claque des dents ? 
 
 
MAIS QU’EST DONC DEVENUE cette Amérique que j’avais naguère tant aimée ? Cette terre dont on pouvait dire, à l’exemple de l’air de la ville au Moyen Age, qu’elle rendait libre quiconque pouvait au moins la toucher de son pied ? Ce pays dont les Pères Fondateurs avaient solennellement proclamé que la recherche du bonheur figurait parmi les droits les plus naturels et les plus sacrés de ses citoyens ? 
 
Certes, les paysages y sont toujours aussi beaux, la vie toujours aussi facile, les habitants toujours aussi aimables, tellement plus que nous autres Français ! L’attention à autrui, le civisme, le respect de la loi, l’amour du progrès, tous ces critères d’une société policée y sont toujours aussi présents. 
 
Oui, mais voilà : l’Amérique a la fièvre. Je ne dirai pas, ou pas encore, à l’instar de certains à l’époque du maccarthysme, que l’Amérique a la rage. Mais elle a perdu cette sérénité absolue, cette confiance en soi inébranlable, cette intransigeance au service des droits individuels qui en faisaient naguère encore la référence absolue de la planète en matière de démocratie sinon toujours de justice sociale. Pourquoi donc ? Parce que l’Amérique a peur. Comme le dit Philip Roth au tout début de son nouveau roman, « The Plot against America » (« le Complot contre l’Amérique ») qui paraît aux Etats-Unis au début d’octobre : « La peur domine ses souvenir, une peur permanente ». 
 
Certes, il s’agit d’une fiction imaginée par Roth : Charles A. Lindbergh, le célèbre aviateur qui est aussi un isolationniste et un antisémite enragé, est devenu président des Etats-Unis en battant Franklin D. Roosevelt et il a établi un régime mi-libéral mi-autoritaire, voire fascisant, où Big Brother n’est jamais loin et la peur toujours présente. Le génie propre au romancier, surtout quand il s’appelle Philip Roth, consiste à rendre compte intuitivement de la réalité sans la transposer mécaniquement dans sa fiction. Ici, le 11 Septembre 2001, c’est-à-dire l’attentat contre les Twin Towers, est en train de perdre sa réalité historique au profit d’une omniprésence fantasmatique contre laquelle il est impossible de se prémunir. Peut-être le 11 Septembre, à cause des précautions prises depuis ou à cause de l’impossibilité de reproduire à l’identique un monstrueux exploit de ce genre, restera-t-il un fait isolé, un hapax comme disaient les Latins. Il n’empêche : il continue de perfuser, de s’immiscer insidieusement dans les conversations, les décisions de toutes sortes, politiques ou économiques, personnelles ou collectives, en un mot dans les mentalités, au point de rendre les Américains vulnérables à toutes les manipulations. Et les Etats-Unis sont devenus, pour un temps que nous espérons court, le pays de la grande manipulation. 
 
Sinon, expliquez-moi pourquoi un planqué de la guerre du Viêt-nam – appelons-le George W. Bush – parvient à mettre en difficulté, sur le thème même des états de service de chacun pendant cette guerre, un héros de celle-ci du nom de John Kerry. Dites-moi encore comment le même George W. Bush, ou plutôt Carl Rove, son mentor, son éminence grise et son Pygmalion, a réussi à faire du désastre irakien un argument électoral déterminant en faveur de l’auteur de ce désastre. Il n’y a qu’une explication, la peur irraisonnée, maladive, hystérique qui fait de cette lamentable campagne électorale une sorte de tournoi entre les deux candidats sur le thème : « Qui de nous deux protégera le mieux l’Amérique ? » 
 
Et dire que l’on parlait récemment en France de « l’idéologie sécuritaire » pour désigner des phénomènes hélas bien réels d’accroissement de la violence ! Quels mots faudrait-il employer pour désigner cet étrange état d’esprit qui, à partir d’un fait lui aussi affreusement réel mais fantasmé à l’infini, aboutit à cette étrange figure d’une Amérique qui tout à la fois gonfle ses muscles et claque des dents ? 
 
Inutile de dire à quel point une situation aussi pathologique favorise le discours conservateur, le conformisme social et toutes ces transitions subtiles qui transforment le patriotisme le plus naturel en un nationalisme combinant les pulsions impérialistes avec l’isolationnisme le plus traditionnel. Le « politiquement correct » a changé de camp. Le maître du monde est de plus en plus coupé du monde. 
 
Invité par l’Alliance française à donner à travers le pays une série de conférences sur les rapports franco-américains, j’ai commencé par l’Amérique profonde, du Sud à l’Ouest en passant par le Midwest, d’Atlanta à San Francisco en passant par Denver. Me voici à Saint-Joseph (Missouri) assistant à un meeting de Dick Cheney réservé à ses partisans déclarés : cartes d’invitation, contrôles, longue attente, explosion d’enthousiasme programmée à l’arrivée du vice-président des Etats-Unis, tandis que, dehors, des contre-manifestants ironiques brandissent des pancartes où l’on peut lire, par exemple, « Halliburton 2004 ». Halliburton est la grande firme pétrolière naguère présidée par le même Dick Cheney, grande bénéficiaire de la guerre d’Irak et véritable rançonneuse de l’armée américaine. Ce qui éclate au meeting – laissons de côté le discours convenu de Dick Cheney qui fait de l’anti-Kerry à l’abattage – c’est ce mélange d’idéologie sécuritaire et d’exhibitionnisme de gros bras qui donne aujourd’hui le ton, et qui rend les chances d’un libéral humaniste comme le candidat démocrate plutôt minces. 
 
Or tout cela ne serait ni possible ni même pensable sans une orchestration médiatique sans précédent. Le 11 Septembre a fait une victime de plus que celles que l’on avait comptées : la réputation d’indépendance et d’objectivité de la presse américaine. Certes, le « New York Times » a déjà procédé à une autocritique mais elle est exceptionnelle. A travers le pays, ce qui s’étale dans les journaux, pour ne pas parler des télévisions, c’est un chauvinisme incroyable, l’ignorance délibérée de l’étranger, une haine de l’Onu qui dépasse aujourd’hui un French bashing en net déclin, et, pour tout dire, un refus du réel au profit de la passion - par exemple à propos de l’Irak où tout nouveau désastre est interprété non comme un échec de la stratégie américaine mais comme une preuve de la perversité radicale de l’ennemi, donc du bien-fondé de l’intervention. 
 
Ne parlons même pas de la télévision. Les tristement célèbres Fox News sont à la guerre d’Irak ce que les « bourrages de crânes » (expression d’époque) furent du côté français pendant la Première Guerre mondiale. La mise en condition du peuple américain par une propagande au service de son gouvernement est une hypothèse qui, il y a encore cinq ans, eût fait sourire le moins bien disposé des censeurs des Etats-Unis. Nous assistons pourtant aujourd’hui à une véritable murdochisation de l’Amérique, prélude à une murdochisation du monde occidental tout entier.  
 
Certes, il reste encore quelques semaines ; tout n’est pas perdu, loin de là. Et je ne suis pas encore allé sur la côté Est. Sachez que dans l’Amérique profonde, le Massachusetts est aussi détesté que la France et l’Onu réunies. Je vous tiendrai au courant. J. J. 
 
Sources : Lien vers http://archquo.nouvelobs.com/cgi/articles?ad=etranger/20040928.OBS7913.html&host=http://permanent.nouvelobs.com/> 
 
 
 
BUSH GUERRIER ET CRIMINEL 
 
LA GUERRE PERMANENTE
 
 
 
(un entretien publié le 10 avril 2003 dans le magazine berlinois tip) 
 
Falk Richter, dramaturge et metteur en scène allemand, né en 1969, est l'auteur de plusieurs pièces de théâtre. L'une d'elle, Dieu est un DJ, a été présentée au Festival d'Avignon en 2002. Les deux oeuvres les plus récentes de Falk Richter sont d'une très grande actualité : dans Peace, il décrit la propagande médiatique qui accompagne la guerre américaine ; dans Sept Secondes (In God We Trust), il dissèque le scénario du conflit permanent imaginé par la junte Bush. 
 
-Dans Peace, vous montrez comment une agence publicitaire branchée commercialise la guerre. Que pensez-vous des images que nous voyons actuellement ?  
 
-Les embedded journalists style CNN sonnent le glas de la liberté de la presse. Que voit-on ? Des tanks ensablés dans le désert, des hommes - jeunes, bien entendu - qui trouvent la guerre excitante, qui sont heureux d'être de la partie, en première ligne avec les combattants. Les USA confondent guerre et spectacle. Les troupes américaines ont maltraité des journalistes portugais et les ont expulsés d'Irak parce qu'ils avaient informé sur les victimes civiles. Nous avons affaire à une mise en scène pop : le Pentagone produit des images propres, sans une goutte de sang ; il nous vend la guerre comme un événement sportif palpitant, comme une expérience unique, faite pour des hommes coriaces, en quête d'aventure et prêts à aller jusqu'au bout pour défendre une cause juste. En quoi un spot publicitaire pour une voiture de sport se distingue-t-il de cette bande-annonce pour film de guerre ? On y voit partout des héros très cool, qui s'élancent au coeur de la nuit pour de nouvelles aventures... 
 
-Quels sont les plans à long terme de l'administration Bush ? Quelles crises internes la propagande s'efforce-t-elle de dissimuler ? Pourquoi le régime limite-t-il les libertés civiques dans son propre pays ? Pourquoi viole-t-il le droit international et pourquoi passe-t-il sous silence que le peuple irakien ne veut pas de cette "libération" ? Toutes ces questions, autrement plus importantes, sont tout simplement éludées ; elles ne trouvent pas place dans la présentation de la guerre comme passionnante aventure high-tech. 
 
-Les bushistes ont à présent le contrôle de toutes les chaînes internationales de télévision. Peu importe, par conséquent, que le monde entier soit contre la guerre. L'administration américaine, à l'aide de "preuves" qui ne tiennent pas debout, a construit un lien entre Saddam et Ben Laden. Chacun sait bien que tout cela repose sur des mensonges. Et pourtant, ces mensonges continuent d'être diffusés en boucle sur CNN et N-TV [l'équivalent allemand de LCI], et Angela Merkel [numéro un de l'opposition CDU] ne cesse de les répéter. On réalise maintenant à quel point la démocratie est fragile face à un groupe oligarchique comme celui qui entoure Bush. 
 
-Vous avez écrit une nouvelle pièce : Sept Secondes (In God We Trust). Il y est notamment question de cette iconographie pop dont vous parliez à l'instant, et de scènes qui se déroulent sur un porte-avions américain. De quoi s'agit-il au juste ?  
 
-Sept Secondes (In God We Trust) est joué actuellement, où va l'être très bientôt, à Francfort, Bochum, Hanovre, Zurich, Göttingen et Hambourg. Le personnage principal est un pilote stationné sur un porte-avions qui participe à cette guerre permanente "pour la paix". L'homme a complètement perdu de vue contre qui il effectue ses sorties continuelles. Il ne sait rien des pays attaqués ; on lui a dit que sa mission consistait à défendre la patrie (homeland) contre de nouvelles menaces. Il fait la guerre contre des dictateurs aux noms imprononçables et bombarde des pays dont il n'a jamais entendu parler. Et il est profondément croyant... Il est comme la vedette d'un feuilleton télévisé ; le compte-rendu des opérations devient un soap opera diffusé quotidiennement. 
 
-Et tout à coup, nous nous retrouvons devant un tribunal fictif, une Cour internationale de Justice que l'administration Bush boycotte, évidemment. Le soldat doit répondre des nombreux crimes qu'il a commis contre les populations civiles. On constate alors qu'il n'a pas la moindre idée des effets produits par ses bombardements. C'est une constante de l'histoire américaine : on dénie à d'autres peuples le droit à l'existence. Les premiers colons, les pionniers pensaient vraiment que le pays qu'ils occupaient était vide. Ces derniers temps, on a souvent entendu parler de no man's land à propos de l'Irak. Dans l'esprit de la plupart des Américains, c'est un pays qui n'appartient à personne, qui attend d'être occupé ou, pour employer le jargon de CNN, d'être "libéré". Nous avons là une définition absolument perverse du concept de liberté. 
 
-La propagande de Bush épouse la dramaturgie d'un soap opera : vous avez d'un côté les Bons, qui ont toujours été bons et qui le resteront toujours ; et de l'autre les Méchants, qui sont foncièrement méchants. Le tout assorti d'une ignorance extrême des faits historiques. 
 
-La dramaturgie soap est sans surprise. Elle ne connaît que des vainqueurs et des perdants. Cela explique peut-être que CNN et Fox se demandent avant tout si les Américains vont réussir à conquérir Bagdad, et quand cela se produira. Le fait que cette victoire va poser de nouveaux problèmes, depuis les soulèvements éventuels jusqu'à la déstabilisation des pays voisins, en passant par l'occupation de l'Irak détruit, tout cela n'est pratiquement pas mentionné.  
 
-La dramaturgie soap implique que tous les problèmes trouvent leur solution dans un laps de temps très court. Aucun problème n'est remis à plus tard. Quand une solution se présente, elle ne débouche jamais sur une nouvelle crise. Les perdants disparaissent tout simplement. Cela correspond à l'idéal de l'administration Bush, du moins c'est ce que suggère la propagande de guerre. 
 
-Un soap opera a tendance à se prolonger à l'infini. Croyez-vous que la guerre est en passe de devenir un instrument permanent de la politique américaine ?  
 
-Les objectifs de cette guerre sont tellement vagues qu'on invoquera toujours un nouveau motif. La guerre contre l'Irak n'est qu'un nouvel épisode de la guerre sans fin qu'on nous promet sous le nom de "guerre contre le terrorisme". L'action de ma nouvelle pièce se déroule dans le futur, disons dans une bonne dizaine d'années. Depuis leur bastion, les puissants dirigent la guerre sans éprouver le moindre sentiment de culpabilité. Ils ne comprennent absolument pas pour quelle raison quelqu'un pourrait leur en vouloir. 
 
-La guerre n'en finit plus, elle est devenue permanente. Chaque fois qu'un pays vient d'être vaincu, un groupe terroriste fait son apparition ailleurs. Les frontières ne cessent d'être remises en cause, les alliances sont changeantes, les alliés d'hier deviennent les ennemis de demain. Au coeur même du homeland règne la paranoïa. Personne ne sait qui sont les terroristes, mais pour la propagande, il est clair qu'ils incarnent le Mal. 
 
-Le fait qu'on dispose de toutes ces armes modernes entraîne fatalement qu'on est amené à s'en servir un jour ou l'autre. Quand d'immenses contingents de troupes sont envoyés quelque part, ils finissent bien par passer à l'attaque. C'est d'ailleurs ce qu'on a souvent entendu ces derniers temps : les Américains ne peuvent plus reculer, sinon ils perdraient la face - comme s'ils avaient encore quelque chose à perdre de ce côté-là... 
 
-Nous avons affaire à un méta-système devenu incontrôlable, dans lequel se trouvent mêlés intérêts économiques, guerre et images médiatisées. Les images ont pour fonction de nous faire croire que la guerre est nécessaire et inéluctable. Ce qui importe à présent, à mon avis, c'est de comprendre que ces prétendues menaces ne sont que de la propagande. 
 
-Vous parlez de propagande et de prétendues menaces. Mais l'attentat contre le World Trade Center a bien eu lieu, quand même. Ou alors, pensez-vous qu'il s'agit d'une mise en scène de la CIA ?  
 
-Compte tenu de l'absence de preuves et du flou extrême qui entoure les attentats, il faut tout simplement admettre que n'importe quelle version des événements, y compris la version officielle, relève de la théorie de la conspiration. Mais plus que le fait de savoir qui a manipulé les terroristes, ce qui importe avant tout, c'est de montrer comment l'administration Bush a utilisé le 11 septembre pour justifier les violations du droit international, les crimes de masse et l'abolition de droits démocratiques à l'intérieur même des Etats-Unis.  
 
-Le 11 septembre ne légitime ni la guerre contre l'Irak, ni aucune des autres guerres annoncées dès à présent. La mise en scène de prétendues menaces a pour but de faire accepter une guerre sans fin. On a vu des avions de reconnaissance tourner pendant des jours et des jours au-dessus de Washington. Dans toute l'Amérique, on a poussé les gens à stocker des vivres. Dans l'Utah, des ménagères hystériques se sont mises à calfeutrer portes et fenêtres pour le cas où Saddam lancerait une attaque aux gaz de combat. L'administration Bush brandit sans cesse le spectre du danger terroriste et exploite la peur du public. En même temps, elle suggère aux habitants qu'un Etat policier et une armée forte sont là pour assurer leur sécurité. La puissance de l'Etat, de l'Empire, est censée les protéger. En réalité, ces deux éléments - la prétendue menace et la prétendue sécurité - sont complètement fictifs. Le gouvernement Bush a besoin de la terreur. 
 
-Le terrorisme ne peut être vaincu militairement. Le régime Bush se réserve le droit d'attaquer n'importe qui, n'importe quand. Cette politique de guerre suscite la haine dans l'ensemble du monde arabe et stimule le terrorisme, ce qui permet à Bush (et permettra à ses successeurs) de faire de nouvelles guerres. Cette politique agressive s'exerce à la fois à l'extérieur des USA et à l'intérieur. La manière dont on limite présentement les droits démocratiques aux Etats-Unis est proprement criminelle ; les USA ne sont plus le pays démocratique qu'ils étaient ; l'oligarchie est en train d'y anéantir la démocratie. Il y a eu un moment plus destructif encore que le 11 septembre : c'est celui où Bush est arrivé au gouvernement en manipulant les élections. 
 
-Dans ma pièce, donc dans environ dix ou quinze ans, le nouveau président est le fils du président actuel - c'est la dynastie Bush. Il existe toujours des débats télévisés et des shows politiques, mais les résultats sont manipulés de manière si sophistiquée, que c'est toujours le même clan qui reste au pouvoir. 
 
-La politique de Bush, Wolfowitz et Rumsfeld est de toute évidence si criminelle que j'ai bon espoir que la résistance ira en s'amplifiant et que le régime finira par être renversé. C'est ce qui pourrait arriver de mieux à tous les habitants de cette planète qui ne siègent pas dans les conseils d'administration des trusts américains du pétrole ou de l'armement. 
 
Sources : Lien vers http://membres.lycos.fr/wotraceafg/richter.htm> 
 
 
 
 
 
 
 
L’ARME DU MENSONGE. 
 
La guerre d’Irak, les scandales Enron ou Parmalat, le combat des chefs à l’UMP, les faux-vrais dopés des JO, partout les joueurs de pipeau prolifèrent et leurs coups de bidon deviennent assourdissants. Comme le dit le journaliste Philippe Eliakim, dans un ouvrage savoureux (1) dont nous publions des extraits: «Nous sommes cernés par la carabistouille.» On peut en rire, mais aussi s’en inquiéter: entre les mains des puissants, la tromperie est une arme de destruction massive qui sape la confiance dans la démocratie. Pour autant, la transparence absolue est-elle la panacée? Ne sommes-nous pas nous-mêmes ambigus devant le mensonge et les menteurs? Une enquête de Sylvain Courage et les réponses de Michel Maffesoli et Alain Etchegoyen  
 
D’abord une petite séance d’échauffement. Exerçons-nous à dépister quelques mensonges dans l’actualité de ces derniers jours. Qu’a-t-on appris, au hasard des gazettes, en se pinçant pour être sûr de ne pas rêver? Que George Bush proclamait que la «mission était accomplie», que «la liberté était en marche» en Irak et que «le pays se dirigeait vers la démocratie»; que Vladimir Poutine se vantait de la création d’un «centre international de défense des droits» quinze jours après le massacre de Beslan; que la Grèce avait bidonné les chiffres de son déficit budgétaire pour entrer dans la zone euro; que Nicolas Sarkozy soutiendrait Jacques Chirac à la présidentielle de 2007 «s’il était le mieux placé pour l’emporter»; que le cycliste américain Tyler Hamilton, contrôlé positif à la transfusion sanguine aux JO et sur le Tour d’Espagne, s’estimait victime d’un complot; que Philippe Brett, l’émissaire du député UMP Didier Julia, avait rencontré les journalistes Georges Malbrunot, Christian Chesnot et leurs ravisseurs irakiens... sans quitter la Syrie !. 
 
N’en jetez plus! Comme l’écrit le journaliste Philippe Eliakim dans un pamphlet ironique dont nous publions les bonnes feuilles : «Nous sommes cernés par la carabistouille.» Politique, économie, sport, show-biz: partout la sornette tinte à nos oreilles. «Rien de nouveau sous le soleil», soupirent les plus philosophes puisqu’il est avéré, hélas, que le mensonge est de tous les âges et de toutes les latitudes et qu’il a connu un premier apogée au temps de la guerre froide, étant passé au stade de l’industrie lourde en URSS. Il n’empêche. Dans ce domaine, comme dans beaucoup d’autres, notre époque est arrivée au stade post-industriel. Naguère diabolisé, le mensonge est devenu une arme comme les autres dans la guerre de la communication. Usiné scientifiquement par les publicitaires, les conseillers en image, les attachés de presse, les avocats.  
 
Dans le business: pendant des années les dirigeants de Parmalat ont publié des comptes de résultats au cordeau alors même qu’ils étaient en train de siphonner la caisse d’une des grandes entreprises agroalimentaires d’Europe, ceux d’Enron faisaient de même aux Etats-Unis tandis que J6M jouait du pipeau à Vivendi. Quant aux dirigeants de Shell, la plus grande société pétrolière européenne, ils ont baladé les marchés au sujet de leurs réserves pétrolières. 
En politique, la traditionnelle langue de bois a laissé la place à des bobards de plus en plus gros! Après avoir promis la réduction de la «fracture sociale», le président Jacques Chirac ne s’était-il pas engagé à baisser l’impôt sur le revenu pendant cinq ans, avant de devenir étrangement silencieux sur le sujet tandis que les prélèvements obligatoires montaient... De son côté, le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin n’a-t-il pas pronostiqué que «l’année 2004 serait une année de baisse forte du chômage»? 
 
 
 
 
Mais bien sûr la guerre en Irak a permis d’atteindre des sommets dans le genre. Sa justification a fait l’objet d’une gigantesque manipulation orchestrée par l’administration Bush et son armée de spin doctors. Pour convaincre l’opinion mondiale de la nécessité de l’invasion, on lui a servi des armes de destruction massive fantômes, des projets nucléaires caducs, des liens avec Al-Qaida purement fantaisistes et des «démocrates» irakiens en exil bidon... Selon le rapport du député Henry Waxman, plus de 237 assertions trompeuses ont émaillé les 125 discours officiels prononcés par les hommes du président avant la guerre. Sans parler, pendant celle-ci, des épisodes douteux comme le déboulonnage de la statue de Saddam Hussein ou de la «délivrance» de Jessica Lynch. Et qu’ont fait les grands médias américains, aux mains des titans de la communication (Newscorp, AOL Time Warner...)? Ils ont repris, colporté et enrichi cette propagande digne des années 1930 sans tiquer. Y compris des piliers du journalisme anglo-saxon que sont le «New York Times» – déjà empêtré dans les bidonnages de Jason Blair – et le «Washington Post», contraints aujourd’hui à une douloureuse autocritique. 
 
 
En France, c’est un fait, les politiques et les médias ont évité le naufrage en ne montant pas dans cette galère. Mais hélas les journalistes, qui peinent trop souvent – par conformisme, complaisance ou paresse – à trier le bon grain de l’ivraie, ont aussi laissé passer quelques énormes craques. Après les délires de l’affaire Alègre, la machine s’est emballée en montant en épingle la fausse agression du RER ou l’incendie d’un centre culturel juif, deux mensonges pathologiques présentés avant toute contre-enquête comme des agressions antisémites et dénoncés trop vite par les responsables politiques qui n’ont même pas daigné s’excuser... Voilà pourquoi sans doute seulement 55e nos concitoyens estiment que les choses se sont passées comme le raconte la télévision et 47omme le rapporte la presse écrite. 
 
Or la démocratie comme le capitalisme libéral ne peuvent fonctionner sans confiance, donc sans vérité. Et tandis que le mensonge n’est qu’une manœuvre de dissuasion dans la sphère privée, entre les mains des puissants, des stars et des champions, il devient une arme de destruction massive. Il pulvérise la foi dans les records, les exploits, les unions idylliques, les promesses, les motivations et les résultats. 
 
Le paradoxe de cette ère du mensonge, c’est que jamais nos sociétés n’ont clamé si haut leur attachement à la transparence et que jamais elles n’ont tant pataugé dans la soupe des faux-semblants. D’où le désarroi de plus en plus grand des citoyens qui ne croient plus aux discours des élites – politiques, managériales, médiatiques...  
 
Après avoir interviewé une centaine de décideurs et de grands témoins, l’agence de communication Euro-RSCG, qui en connaît un rayon sur le sujet, tire pour une fois la sonnette d’alarme: «Nous sommes entrés dans une société de défiance généralisée», constate Séverine Lèbre, la directrice des études. Serait-ce là l’expression d’un poujadisme rampant, comme le prétend souvent un certain establishment? C’est un peu vite dit. Car tout montre que nos concitoyens ont passé le stade de la rancune des «petits contre les gros» pour basculer dans un scepticisme tous azimuts à l’encontre du discours merveilleux qui imprègne la politique, l’économie, les médias, le sport, etc. 
 
 
 
On savait, depuis les scandales politico-financiers de la fin des années 1980 et l’amnistie qui les recouvrit d’un voile douteux, que le crédit des hommes politiques – à l’instar de Jacques Chirac, caricaturé lors de la dernière campagne présidentielle en «Super-Menteur» par les Guignols de Canal – était passablement entamé. Les brillants esprits qui depuis trente ans prétendent «réduire le chômage» ou «lutter contre l’exclusion» n’ont cessé de perdre du crédit. Signe des temps: la plupart des Français estiment désormais que leurs enfants auront une vie plus difficile que la leur... 
Ils ne paraissent guère plus enclins à croire à l’efficacité du capitalisme libéral censé se substituer, pour le mieux, au vieux modèle de l’Etat-providence. L’écart entre le jargon entrepreneurial et la réalité grandit jusqu’à l’absurde. Les vagues de plans sociaux, les boniments de la nouvelle économie, l’explosion de la bulle financière et depuis peu la hantise des délocalisations sont passés par là. Et les grands patrons, dotés de leur parachute en or, passent de plus en plus pour des bonimenteurs. 
 
Tous les «corps intermédiaires» de la société sont atteints. L’éducation bien sûr, où la délivrance d’un diplôme n’est plus synonyme, comme par le passé, d’emploi et d’ascension économique. Mais aussi la justice, dont les blocages et les errances apparaissent au grand jour. Et même les syndicats, dernier rempart protestataire, qui n’ont pu dévier le plan Fillon de réforme des retraites comme ils l’avaient fait en 1995 pour le plan Juppé... «Il y a un désaccord profond entre la société et ses représentants. D’où une méfiance générale et un sentiment de tromperie qui rejaillit sur toute une catégorie dès qu’un message fallacieux est identifié», explique le sociologue Michel Maffesoli (voir notre entretien p. 22). La conséquence de ce soupçon, c’est bien sûr l’abstention: 19,25 à la dernière présidentielle. Mais aussi le défaut d’inscription sur les listes électorales, qui s’élève chez nous à 15es individus en âge de voter. 
 
Alors comment ravauder le vieux contrat social? En jouant la carte de la transparence, assurent la plupart de nos grands clercs. Une vertu cardinale de la démocratie, issue tout droit de la philosophie des Lumières et de l’éthique protestante. Pour répondre aux angoisses grandissantes de la société, les pouvoirs occidentaux cherchent à se justifier. «Demain, nous arrêtons de mentir», promettent-ils aux peuples déjà suspicieux. Mais le problème, c’est qu’aussitôt émise ils trahissent cette promesse. Par nécessité autant que par calcul. 
 
Souvenez-vous. Dès 1981, prétendant rompre avec la pratique du non-dit sous le président Pompidou à propos de sa maladie, François Mitterrand s’était engagé à publier régulièrement son bulletin de santé complet. Une transparence qui se révéla aussitôt intenable: dès 1982, déjà atteint par le cancer, Mitterrand et son entourage ont eux aussi publié de faux bilans... de santé. La supercherie dura dix ans... Et en augura beaucoup d’autres: du passé trotskiste de Lionel Jospin au sonotone «à l’essai» de Jacques Chirac. 
 
 
Autre désillusion: le «parler vrai» prôné prophétiquement par Pierre Mendès France, incarné un temps par Michel Rocard, pratiqué par Raymond Barre ou revendiqué par Philippe Séguin, n’a guère porté chance à ses hérauts. En bonne logique, il apparaît pourtant comme un préalable à toute réforme. Et ne cesse d’être invoqué par les ministres qui se succèdent à la tête des dossiers difficiles. Mais dans l’immense majorité des cas, au lieu de «dire ce qu’il fait» et de «faire ce qu’il dit», l’homme politique responsable se contente de simples effets d’annonce... non suivis d’effet! Question de survie, dit-il: dire la vérité serait parfois suicidaire. Et de citer des exemples comme celui de Christian Sautter, éphémère ministre des Finances, éjecté de Bercy pour y avoir annoncé une grande réforme que tout le monde juge indispensable... 
 
De fait, les décisions gouvernementales regorgent de chausse-trapes? A quoi sert au juste d’abaisser la TVA de la restauration? A créer 40 000 emplois, comme le prétend le discours du lobby des cafetiers repris par Matignon? Ou seulement 23 000, selon des estimations plus sérieuses... Et quid de l’abattement fiscal pour les emplois à domicile ou sur les successions? Les chiffres, les indicateurs, les rapports qui s’amoncellent trompent énormément. «Combien ont coûté les 35 heures à la Sécurité sociale?», s’interroge par exemple le journaliste Philippe Eliakim. «Pas un centime», avait avancé sans sourciller Martine Aubry. 15 milliards d’euros, a corrigé Alain Lambert, l’ancien ministre du Budget. «Plutôt 10 milliards», a estimé l’ex-ministre de l’Economie Francis Mer. «8,5 milliards d’euros, c’est mon dernier mot», a lancé son collègue des Affaires sociales François Fillon. Et aux dernières nouvelles on ne sait toujours pas! Mêmes baratins autour des créations d’emplois attribuées à la RTT... 
 
Et quand une urgence survient – affaire du sang contaminé, vache folle, marée noire, canicule de l’été 2003... –, les ministres experts se trouvent en général fort dépourvus: «Responsable mais pas coupable», selon le célèbre mot de l’ancienne ministre Georgina Dufoix. Et pourtant, aux yeux de l’opinion qui recherche des boucs émissaires, «ils sont coupables d’avoir argué de leur ignorance, de s’être cachés derrière elle pour se justifier. Mais leurs adversaires ne sont pas moins hypocrites: ils savent qu’il n’existe aucune défense convaincante; ils savent que l’aveu est impossible», écrit le philosophe Alain Etchegoyen (2). 
A l’évidence, l’obsession de la transparence et l’ardeur que nous mettons à dénoncer le mensonge contribuent aussi largement à le faire prospérer. Aux Etats-Unis, l’acharnement des juges et de l’opinion a conduit l’ex-président Bill Clinton au bord de la destitution pour un mensonge bénin sur une simple aventure extraconjugale avec une stagiaire de la Maison-Blanche. Des centaines d’heures d’audition, des milliers de pages de rapports... Et à la clé un invraisemblable pipeau: «Je n’ai pas eu de relation sexuelle avec Monica Lewinski.» Ou quand la raison d’Etat impose de sauver les apparences... 
 
Ceux qui nous gouvernent ne sont pas les seuls responsables de l’extension du domaine de la flûte. Chacun d’entre nous y participe. Paradoxalement, l’exigence toujours plus grande et aveugle de transparence peut conduire à douter de tout et, par contrecoup, à adhérer aux fables de menteurs carrément paranoïaques: le révisionnisme de Thierry Meyssan, l’homme qui prétend qu’aucun avion ne s’est écrasé sur le Pentagone le 11 septembre, en est l’illustration. 
Fort heureusement, nous n’allons pas si loin. Car notre dénonciation du mensonge est en réalité fondée sur une belle hypocrisie. «Nous mentons pour être aimés», dit Kant. Mais nous aimons aussi que l’on nous mente. Les grands mensonges collectifs nous sont utiles: ils servent à soulager notre mauvaise conscience. 
 
«L’hémisphère gauche de notre cerveau exige-t-il des sanctions exemplaires contre l’"Erika", l’interdiction absolue du travail des enfants et des mesures urgentes pour sortir le tiers-monde du sous-développement? Au même instant le droit refuse toute augmentation du prix de l’essence, rêve de fringues encore moins chères et combat avec l’énergie du désespoir le plus infime projet de délocalisation», écrit Philippe Eliakim. 
Au fond, n’est-ce pas parce que le menteur nous ressemble, qu’il se rapproche de nous, qu’il revient à notre hauteur, que nous finissons par le préférer au janséniste intransigeant? Comment expliquer autrement la réélection d’un Patrick Balkany à la mairie de Levallois-Perret? Ou le retour en grâce de Jacques Mellick, maire de Béthune et ancien baratineur de l’affaire OM-VA? 
 
 
Les dizaines de révélations sur le dopage dans le cyclisme n’ont pas eu raison du Tour de France. Et encore moins de Richard Virenque, qui a pourtant fini par avouer s’être dopé. Non, les forçats de la route sont plus populaires que jamais. L’épreuve les rapproche encore du public. Sans doute est-ce parce que la dénonciation du mensonge, à laquelle aucune intelligence ne saurait se soustraire, est une activité rationnelle. Et que dans bien des cas, sinon dans tous les cas, c’est l’émotion qui l’emporte. 
 
Comme le disait François Mitterrand après l’énorme carabistouille du faux attentat de l’Observatoire: «Je suis l’homme le plus détesté de France, ça me laisse une chance d’en devenir le plus aimé.»
 
 
SYLVAIN COURAGE  
 
(1) «Mensonges!» (Robert Laffont). 
(2) «La Démocratie malade du mensonge» (Editions François Bourin).  
 
 
SOURCES : Lien vers http://www.nouvelobs.com/dossiers/p2083/a250747.html  
 
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