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le 3 decembre 2004 
 
Après Fallouja, la capacité d'action de la guérilla irakienne semble peu entamée 
 
L'attaque d'un poste de police par une soixantaine d'hommes armés, vendredi à Bagdad, et un attentat-suicide ont fait 26 morts. Cette double opération pourrait avoir été réalisée par le groupe Zarkaoui. Elle semble indiquer que malgré la prise de Fallouja le mois dernier, la guérilla sunnite conserve une organisation solide et une importante capacité logistique.  
Le réseau de l'islamiste jordanien Abou Moussab Al-Zarkaoui a peut-être montré, vendredi 3 décembre, sa capacité à se réorganiser rapidement en menant à Bagdad, après le revers de Fallouja, une double opération sanglante contre ses cibles favorites : les policiers et les chiites.  
 
"En ce jour sacré, les lions de l'organisation Al-Qaida au pays du Rafidaïn (la Mésopotamie) ont frappé les repaires des apostats qui ont vendu leur religion et leur honneur à bas prix", indique un communiqué du groupe publié sur un site Internet, mais dont l'authenticité ne peut être vérifiée. 
 
Le texte cite "les attaques contre la police dans le quartier d'Al-Adhamiyah et contre le poste d'Al-Saydiyah", situé dans le quartier populaire Al-Amel de l'ouest de Bagdad. 
 
UNE SOIXANTAINE D'ASSAILLANTS ARMÉS JUSQU'AUX DENTS 
 
Douze policiers ont été tués et 5 personnes blessées lorsque des hommes armés ont attaqué le poste de police à Al-Amel, alors que 14 personnes ont été tuées et 19 blessées dans un attentat-suicide à la voiture piégée à Al-Adhamiyah, selon des sources hospitalières irakiennes. 
 
Mais plus que le bilan, c'est la manière dont ces opérations ont été menées qui ne manque pas d'inquiéter les autorités irakiennes, surtout qu'Al-Zarkaoui a appelé ses partisans, le 15 novembre, à se préparer à la bataille de l'après-Fallouja. 
 
Le fait qu'un commando d'une soixantaine d'assaillants, armés jusqu'aux dents, a réussi à arriver à bord de voitures, de minibus et de taxis, devant le poste de la capitale, démontre un haut degré d'organisation. 
 
Plus encore, le fait qu'ils se sont joués du couvre-feu, imposé de 23 heures à 5 heures, et ont pu mener un assaut pendant une heure avant de s'enfuir dans une capitale censée être quadrillée par les forces américaines et irakiennes démontre à quel point ils sont capables de frapper où et quand ils le veulent. 
 
La seconde attaque a aussi été sanglante. Selon les témoins, il y a eu une première explosion dans une voiture conduite par un kamikaze. Deux véhicules ont pris feu et les gens se sont précipités pour les éteindre. Il y a alors eu une deuxième explosion qui a tué de nombreux habitants et détruit un lieu de prière chiite. 
 
Cette double attaque intervient deux semaines après l'annonce par l'armée américaine de la fin de l'assaut lancé le 8 novembre sur le bastion sunnite de Fallouja à l'ouest de Bagdad. 
 
Les marines y ont découvert un arsenal impressionnant : obus de tous calibres, missiles sol-air, armes légères et lourdes, et explosif C4 caché dans des banquettes de voitures prêtes à être envoyées pour semer la terreur. 
 
"LES GARDES NATIONAUX SONT LES YEUX DES AMÉRICAINS" 
 
Si Fallouja, contrôlée par l'adjoint d'Al-Zarkaoui, Omar Hadid, qui selon les habitants avait sous ses ordres quelque 2 000 combattants, est tombée sous les coups de boutoir des militaires américains, son organisation, affiliée selon les Américains au réseau terroriste Al-Qaida, semble avoir encore du ressort. 
 
Elle est la principale organisation de la guérilla à Mossoul, troisième ville d'Irak, et est très présente dans la région du "triangle de la mort" au sud de Bagdad ainsi qu'à Bakouba, au nord de la capitale, selon les habitants. 
 
A Bagdad, les bannières noires et jaunes des partisans d'Al-Zarkaoui sont apparues à plusieurs reprises notamment dans la rue Haïfa et sur la mosquée Abou Hanifa, dans le quartier sunnite d'Al-Adhamiyah. 
 
Le groupe Zarkaoui a revendiqué ces derniers jours à Mossoul le meurtre de 17 membres de la Garde nationale, ces supplétifs de l'armée irakienne qui constituent sa cible principale. En une dizaine de jours, 57 corps de membres des forces de sécurité assassinés ont été retrouvés. 
 
"Visez en priorité les Gardes nationaux, ce sont les yeux des Américains", affirme un de ses tracts distribués à Mossoul. 
 
Les chiites sont depuis toujours dans la ligne de mire du groupe Zarkaoui qui les considère comme des "mécréants à la solde des Américains". Ce groupe est accusé d'avoir perpétré des attentats sanglants à Nadjaf, ville sainte chiite, et dans les quartier chiites de la capitale. 
 
Sources : Lien vers http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3218,36-389593,0.html> 
 
 
 
le 3 decembre 2004 
 
Le chaos irakien et le virus de la guerre 
 
Après avoir brièvement cru que les Etats-Unis allaient gagner leur pari en Irak, des militaires et moukhabarats (agents secrets) irakiens ont bâti une force d'opposition armée : la guérilla islamo-nationaliste sunnite. De l'autre côté, après avoir longtemps nié la nature du nouveau conflit, les Etats-Unis ont fini par admettre ce à quoi ils devaient faire face en Irak : "une campagne classique de guérilla".  
 
Chaque camp a improvisé, puis s'est adapté à une guerre qu'il n'avait pas prévu de livrer. Les insurgés sunnites sont parvenus, sans presque aucun soutien populaire, à commencer une unification des filières militaires ex-baassistes et des filières islamistes. Ils ont mené une campagne de terreur qui a permis de couper les ponts entre l'occupant et la population. Ils ont accueilli des mouvements djihadistes étrangers. Ils ont, à partir du printemps 2004, conquis des bastions comme Fallouja, véritable "émirat moudjahid". Enfin, ils ont appris que même la chute d'un symbole tel que Fallouja ne signifiait pas la fin de la lutte, préférant fuir devant la puissance de feu de la première armée du monde, et privilégiant la technique du "réseau" à celle du "bastion".  
 
Pour les Irakiens de l'insurrection, il n'y a pas de modèle véritable. Ils évoquent le soulèvement contre le colonisateur britannique. Ils croient en une guerre longue. Pour leurs compagnons étrangers, le modèle est la lutte contre l'occupant soviétique en Afghanistan, où l'alliance du nationalisme et du djihadisme a vaincu l'armée russe en une décennie. Le guide de ces djihadistes, Oussama Ben Laden, et leur chef en Irak, Abou Moussab Al-Zarkaoui, ont promis "une guerre d'usure". 
 
Les Américains, en évoquant uniquement "des terroristes" et "des saddamistes", se sont longtemps masqué la vérité, même si le général John Abizaid, le chef du commandement central, reconnaissait dès l'été 2003 faire face à "une campagne classique de guérilla". Ni Washington ni les commandants d'unités en Irak n'ont cependant traduit cette déclaration en une définition d'une stratégie nouvelle. 
 
Les marines, souvent en première ligne, arrivaient en Irak munis d'un Manuel des petites guerres datant de 1940, et, pour des raisons autant politiques que militaires, ont perdu la première bataille de Fallouja en avril. Ils ont depuis reçu un manuel actualisé, Opérations de contre-insurrection, rédigé par le Centre interarmées de Fort Leavenworth, et ont remporté la seconde bataille de Fallouja en utilisant ce qu'un commandant du 1er corps expéditionnaire de marines appelle "la bonne vieille méthode américaine : la puissance de feu". 
 
VEILLER À DISTANCE 
 
Le problème est que cette "bonne vieille méthode" n'a pas empêché les commandants rebelles de s'enfuir, leurs camarades de semer le trouble, voire de conquérir d'autres villes ou villages, et n'empêchera pas les frères de ceux qui ont été tués de prendre le kalachnikov à leur place. Un autre problème est que "la bonne vieille méthode" se révèle inefficace, voire contre- productive, si elle ne permet pas de règlement politique. 
 
Les Irakiens pensent que le gâchis est immense. Le mouvement de guérilla sunnite est né grâce aux moukhabarats, aux islamistes salafistes et aux villageois choqués par l'intrusion américaine.  
 
Or les moukhabarats étaient corruptibles, et les villages n'avaient nul besoin d'être occupés. L'armée américaine aurait fort bien pu rester dans ses casernes et veiller à distance à la sécurité du pays. Encore aurait-il fallu payer et encourager les forces de sécurité irakiennes au lieu de les anéantir. Seuls les Irakiens auraient efficacement pu contrôler les frontières, et seuls les Irakiens auraient certainement pu repérer les signes précurseurs d'une rébellion islamiste naissante. Ce raisonnement vaut par ailleurs pour l'ensemble de l'Etat, détruit sur ordre de la Maison Blanche et du Pentagone. 
 
Ces excès de l'occupation peuvent conduire à d'autres d'excès. Les morts civils de la guerre d'invasion puis le cas du soulèvement spontané de Fallouja fin avril 2003, après que des marines eurent tiré sur une foule, ont soulevé très peu d'interrogations sur l'usage excessif, et inutile, de la force. Le scandale des photographies d'Abou Ghraib n'a pas permis de résoudre le problème plus vaste des détentions arbitraires et de la torture. Or ce sont aussi ces victimes, leurs parents et leurs amis qui rejoignent les rangs de la guérilla. 
 
Aux Etats-Unis, on évoque dorénavant, dans les milieux du renseignement, des projets de contre-guérilla et la formation d'unités secrètes américano-irakiennes ayant, hors du droit, tous les droits : arrestation, détention, torture, exécution. "Ils sont clairement en train de mijoter des équipes pouvant réaliser des trucs à la "Phoenix", comme au Vietnam", estimait récemment Vincent Cannistraro, ex-chef du contre-terrorisme à la CIA. Washington ne dément pas qu'un tel plan, confié à la CIA, est en préparation ou déjà mis en œuvre. 
 
L'Irak n'est toutefois pas le Vietnam, et il n'est pas question de "vietnamisation". Des stratèges américains affirment qu'il faut aussi s'inspirer d'exemples tels que la guerre française en Algérie, la lutte anticommuniste en Amérique latine et la guerre israélienne dans les territoires palestiniens occupés. L'an dernier, les Irakiens en étaient encore à se demander s'ils allaient ouvrir les bras à leurs "libérateurs" que des officiers américains évoquaient déjà leur intérêt pour des manuels traduits de l'hébreu indiquant comment "combattre une intifada", alors qu'aucune intifada n'existait. 
 
Plus le temps passe, plus l'Irak risque de s'enfoncer dans la guerre et dans les dérives de la lutte antiguérilla. Rares sont ceux, devant l'ampleur du chaos, qui rappellent encore que les Etats-Unis devaient "libérer" et non "occuper" l'Irak et qu'une majorité d'Irakiens étaient enchantés de la chute de Saddam Hussein. Ce phénomène est d'ailleurs perceptible jusqu'au sein de la population irakienne, peu émue par le fait que la force occupante détruise Fallouja en n'y respectant à peu près aucune des lois de la guerre. 
 
La raison principale en est que la guérilla sunnite et ses alliés djihadistes ont horrifié le monde, les Irakiens les premiers, par leur campagne d'attentats. Des assassinats ont visé des personnes n'ayant aucun lien avec les "occupants", des décapitations au couteau ont été exhibées sur le Web. S'il en était besoin, la conquête de Fallouja a confirmé tous les soupçons sur la face la plus sombre et la plus spectaculaire de la rébellion, avec la découverte de cadavres, de geôles ensanglantées et de salles de torture. 
 
CONTRE-GUÉRILLA 
 
La spirale guérilla/contre-guérilla ferait toutefois presque oublier le spectre de l'autre guerre, commencée dans l'ombre dès la chute du raïs et peut-être encore plus menaçante pour l'Irak : la guerre civile. Car si la guérilla a focalisé son discours sur la lutte contre l'occupant étranger - "croisé" et "infidèle" - ce n'est pas son unique objectif. Ce qui anime beaucoup de rebelles sunnites, issus d'une communauté au pouvoir depuis l'Empire ottoman, c'est d'y rester. Si l'occupant partait, ils combattraient les communautés chiite et kurde. 
 
Cette guerre-là, qu'on évoque peu parce que l'attention est focalisée sur les succès et les erreurs des Etats-Unis, existe. Elle se signale par des assassinats discrets à Bagdad, par des attaques de pèlerins chiites sur la route de leur ville sainte de Nadjaf, par des discours enflammés dans des mosquées salafistes, par des communiqués haineux de djihadistes wahhabites. Elle a, de plus, été un temps occultée par l'existence de la guérilla chiite de Moqtada Al-Sadr, dont l'objectif était pourtant davantage d'occuper un espace politique au sein de la communauté chiite que de créer un front uni et intercommunautaire contre l'occupant. 
 
Une fois que le virus de la guerre a été inoculé, il faut souvent en passer par un cycle guerrier pour inventer de nouveaux repères, trouver un vaccin pour l'avenir. En Irak, le virus de la guerre civile existe depuis les crimes de Saddam Hussein contre les communautés chiite et kurde dans les années 1980 et 1990, et restait contenu dans l'éprouvette de la dictature. Les Etats-Unis ont brisé la dictature mais se sont révélés incapables de combattre le virus. 
 
L'Irak se retrouve aujourd'hui dans la situation d'un pays qui ne peut qu'en passer par un cycle guerrier. Si l'occupant américain reste, c'est le cycle guérilla/contre-guérilla qui continue, et si l'occupant part, c'est l'autre histoire, la guerre civile, qui éclate au grand jour. 
 
Rémy Ourdan 
 
Sources : Lien vers http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-389487,0.html> 
 
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